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Adieu à tout cela

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"Adieu à tout cela..." de Emmanuel Parraud, 44', 2010, Production Petit à Petit Production
Avec le soutien de la Région Réunion et du CNC

"Adieu à tout cela" raconte une journée clef dans la vie de Mariène, 17 ans, sur le point de quitter l’île de la Réunion. Pour son père, d’origine métropolitaine, cette île n’était qu’un passage entre deux aventures. Mariène y a toujours vécu, c’est là où elle est née. Elle voudrait rester, mais ne sait pas s’opposer à son père. Et la mort de sa « nénenne », une vieille dame « cafre » qui la gardait quand elle était enfant, précipite en elle ce sentiment d’inéluctable. Alors qu’elle retourne dans les Hauts pour un dernier adieu, elle découvre Sylvie installée dans la case de la « nénenne » avec son copain qui débarrasse les meubles. Au départ choquée, Mariène va faire sa connaissance et celle de son entourage, les amis de Sylvie et de son frère Patrice. Ils vont passer l’après-midi ensemble…

Emmanuel Parraud, réalisateur

J’ai été mis en contact avec les habitants de la Réunion, à l’occasion d’un voyage sur l’île avec un groupe de jeunes de Vaulx-en-velin (Rhône). Il s’agissait alors de filmer le retour chez son père de l’un des animateurs, originaire d’un village des Hauts de la Réunion, exilé depuis 14 ans. Un documentaire sur des retrouvailles douloureuses entre un père alcoolique au bord de la folie, reclus dans sa case, et un fils qui n’a réussi qu’en se coupant de ses racines ; aucun des deux ne pouvant se passer de l’autre, ni se supporter.

Depuis je suis retourné plusieurs fois à la Réunion. Je voulais comprendre ce qui pousse certains à rester sur cette île alors qu’ils n’ont que peu d’espoir de s’en sortir sur place, de trouver du travail.

« Adieu à tout cela » est le fruit d’un long et patient travail d’immersion et le résultat d’un engagement important. Je voulais un film qui permette au spectateur de se rapprocher de la mentalité des créoles des « Hauts », qui vivent dans la précarité et en marge, des personnes encore marquées dans leurs modes de pensées et dans leurs comportements par le poids de l’esclavage.

Mes intentions impliquaient de ne jamais oublier que je ne suis pas créole. Cela ne veut pas dire que je ne crois pas possible de faire un film sur autre chose que le petit cercle autour de son nombril, mais aborder un sujet qui concerne une autre culture, un autre monde, nécessite beaucoup de travail, pour éviter le risque d’ethnocentrisme.

Ce film devait donc se concevoir plus encore qu’à mon habitude comme un travail d’équipe dans lequel la convention qui veut que le réalisateur soit censé tout connaître, tout maîtriser, soit interrogé. J’ai souhaité que ce soient des personnes issues de ces villages qui interprètent eux-mêmes les personnages. Pour que leur interprétation soit la plus juste possible, il fallait qu’ils s’expriment dans le film librement et spontanément, dans la langue dans laquelle ils parlent, pensent, rêvent, leur langue d’origine donc, le créole réunionnais. Il fallait aussi que nous préparions le film ensemble, moi, attentif à eux, prêt à adapter mon histoire à leurs histoires, à leurs réalités, à leurs mots, pour chasser toute superficialité ; eux, attentifs à mon exigence de sincérité, de travail. Nous avons préparé méticuleusement le tournage pendant 3 mois pour trouver une qualité de relation qui instaure une confiance manifeste.

« Adieu à tout cela » a obtenu en 2010 le prix Fé Net Océan Indien au Festival International des Films d’Afrique et des Iles (FIFAI) dans la ville du Port à la Réunion.

« Ce film est une révélation : avec une grande pudeur et un travail non-directif des acteurs, cette fiction semble plus vraie qu’un documentaire. Sans les travers du « néo-réalisme pays », il offre une caméra aimante sans démagogie et une affirmation de soi sans cible ni étendard. La vie affective, dans ses petits rien et ses grands moments vécus à la discrète. Créole lé réservé. »
Alain Gili – directeur du festival FIFAI

A la sortie des projections, plusieurs spectateurs créoles sont venus me dire combien ils se retrouvaient dans ces personnages et combien ils étaient heureux d’avoir entendus la salle rire, réagir. Beaucoup m’ont confié qu’ils n’imaginaient pas que « des gens comme eux » puissent donner naissance à des personnages de film « intéressants », que leur vie puisse constituer la matière d’une histoire qui toucherait des spectateurs.

Plus d'informations :
adieuatoutcela.tumblr.com
www.facebook.com
www.unifrance.org/film/32854/adieu-a-tout-cela

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